Accord de Co-Gestion Renforce la Conservation au Parc National Cœlacanthe

Le Parc National Cœlacanthe (PNCoe) a franchi une étape importante vers la conservation marine en signant neuf accords de co-gestion avec les communautés de neuf des quinze villages situés dans le parc. Ces accords visent à établir trois nouvelles réserves naturelles, couvrant une superficie totale de 29,15 km², et à réglementer la participation des communautés dans la gestion de ces réserves, y compris les activités de surveillance.

Implication Communautaire et Efforts Collaboratifs

Les accords, élaborés de manière participative, inclusive et transparente, impliquent les communautés locales, les utilisateurs des ressources et les représentants des villages. Ils sont basés sur un diagnostic participatif réalisé avec les communautés villageoises, garantissant que les mesures de conservation répondent aux besoins et aux connaissances locales.

Objectifs de Conservation et Activités Interdites

La mission principale de ces accords est de conserver la biodiversité d’importance mondiale au sein du PNCoe en créant un système national d’aires protégées vaste et fonctionnel, représentatif de la richesse biologique du parc. Les accords interdisent plusieurs activités dans les zones réservées, notamment :

  • La pêche ou la collecte d’espèces animales et végétales
  • La déforestation
  • Les activités d’extraction
  • Le camping et les expéditions sans autorisation
  • L’occupation des espaces protégés
  • La recherche scientifique non autorisée
  • La possession de plantes, d’animaux ou d’autres éléments provenant de l’aire protégée en vue de la vente
  • La prise de vues ou le tournage de films sans autorisation

Surveillance et Application des Règles

Bien que des mesures de surveillance et de contrôle soient établies, leur application efficace reste un défi majeur. Cependant, l’engagement de la communauté et des parties prenantes à respecter ces accords est crucial pour le succès à long terme des efforts de conservation.

Détails sur les Réserves

Réserve 1 : Mbambani-Itsoundzou-Madzisani (18,59 km²)
Localisée le long de la côte sud-ouest de Grande Comore, cette réserve est un habitat clé pour le cœlacanthe en danger d’extinction (Latimeria chalumnae). Les activités de pêche y sont interdites pour prévenir les captures accidentelles. La zone est également fréquentée par plusieurs espèces de dauphins, avec un total de douze espèces de cétacés enregistrées dans les eaux du parc.

Réserve 2 : Simamboini (1,32 km²)
Cette réserve vise à préserver les mangroves et la côte rocheuse adjacente. Des efforts de restauration et de protection sont en cours, incluant une interdiction totale de l’extraction de sable. Le site abrite sept espèces de palétuviers couvrant 5,58 hectares.

Réserve 3 : Chindini-Malé (9,24 km²)
L’objectif principal de cette réserve est de protéger les récifs coralliens et les herbiers marins. La pêche y est interdite, notamment la pêche à pied et l’utilisation de filets sur les platiers, afin de réduire la dégradation de ces habitats. Le récif frangeant de Chindini abrite 110 espèces de poissons réparties dans 67 genres et 48 familles, incluant le Napoléon (Cheilinus undulatus), une espèce en danger d’extinction. La zone est également un site de nidification pour les tortues vertes sur les plages de Malé et Chindini.

Partenaires Clés

  • Projet :Renforcement pour la Protection des Océans aux Comores (R-POC)
  • Association :Intervention pour le Développement et l’Environnement (AIDE)

Conclusion

Les accords de co-gestion au PNCoe reflètent l’esprit de collaboration entre les autorités du parc et les communautés locales, démontrant un engagement commun pour préserver la riche biodiversité marine de la région. Ces efforts garantiront la durabilité à long terme et la santé écologique du Parc National Cœlacanthe.